L'acidification des océans liée à l'augmentation des émissions de CO2


L'océan absorbe actuellement une quantité de dioxyde de carbone (CO2) sans précédent, ce qui augmente son acidité et menace probablement la survie à long-terme de beaucoup d'espèces marines, et plus spécifiquement les organismes contenant du carbonate de calcium (calcaire) dont la famille des coraux, les mollusques et crustacés ainsi que le phytoplancton. Ce changement pourrait perturber les chaînes alimentaires marines et altérer la biogéochimie des océans dans une proportion et d'une façon qui ne sont pas encore prévisible à ce jour.

Photograpgie de la terre (source : NASA) L'océan est l'un des plus grands réservoirs naturels de carbone sur terre et il absorbe chaque année approximativement un tiers du dioxyde de carbone émis par les activités humaines. Selon des recherches menées aux Etats-Unis, l'océan a absorbé approximativement 120 milliards de tonnes de carbone produites par les activités humaines depuis 1800. Environ 20-25 millions de tonnes de CO2 seraient rajoutées chaque jour dans l'océan.

L'absorption du dioxyde de carbone par les océans est considérée comme un processus bénéfique qui réduit la concentration du CO2 dans l'atmosphère et atténue s on impact sur les températures globales. Cependant, il y a une inquiétude croissante sur le prix à payer pour ce service. Il est maintenant bien établi que d'ici le milieu de ce siècle, le poids de l'accumulation du CO2 entrant dans l'océan mènera à des changements d'acidité des couches supérieures qui seront d'une ampleur trois fois plus importante et 100 fois plus rapide que ceux subis entre les périodes glaciaires. Des changements aussi brutaux du système du CO2 dans les eaux de surface des océans n'ont pas été observés depuis plus 20 millions d'années d'histoire terrestre.

Les résultats initiaux des observations, des recherches et des modèles conduits jusqu'ici indiquent que dans un monde à fort taux de CO2 :
  • l'océan serait globalement plus acide, et serait également plus stratifié dans les hautes latitudes. En outre les concentrations en nutriments dans les eaux de surface des régions de hautes latitudes seraient inférieures, les eaux de subsurface seraient moins oxygénées, et le phytoplancton subirait une exposition accrue à la lumière du soleil. Ces changements affecteraient beaucoup d'espèces et changeraient la composition des communautés biologiques dans une proportion et d'une façon qui ne sont pas encore prévisible et compréhensible à ce jour.

  • Beaucoup d'organismes contenant du carbonate de calcium, dont certaines espèces de plancton et coraux, et également des organismes non carbonatés, ne pourraient plus se développer et se reproduire efficacement si le CO2 était supérieur et les niveaux de pH inférieurs. L'élévation des températures - combinées avec une augmentation du CO2 et une diminution du pH - constitue une menace sérieuse pour les récifs coraliens, menant probablement à l'élimination de certains récifs avant la fin de ce siècle


Des expériences en mer ont montré que les coquilles des ptéropodes vivants se dissolvaient effectivement quand l'eau de mer atteignait les conditions corrosives prévues pour l'année 2100. La diminution des ptéropodes pourrait provoquer des réactions en chaîne, puisqu'ils constituent la nourriture de base d'organismes allant du zooplancton à la baleine, en passant par des espèces commercialement importantes comme les saumons dans le Pacifique Nord.

Les coraux sont également menacés par cette acidification, particulièrement ceux baignés dans les eaux froides, comme l'Océan Atlantique Nord, qui devraient se dissoudre en premier. Car si leur squelette de carbonate de calcium est indispensable pour leur propre développement, celui-ci fournit également l'habitat aux poissons hauturiers, aux anguilles, aux crabes, aux oursins... le squelette externe de ces derniers étant aussi menacé directement par l'acidification.

Retour à la page précédente